Bruno Bérardi, Claudine Bonhomme, élus ruthénois, Chantal Combelles (ex-élue) et Mathieu Lebrun ont été désignés porte-parole de la liste «Collectif Citoyen» qui s’inscrit dans une «démarche de politique non partisane», adepte de la démocratie participative pour ces municipales 2014.


La liste Collectif Citoyen poursuit sa tournée des quartiers. Rencontre avec les quatre porte-parole du groupe.

Pourquoi un quatuor comme porte-voix de votre liste ?

ça symbolise notre façon de voir la démocratie au sein d’un conseil municipal. Cela constitue le socle de notre engagement sur la démocratie participative envers les salariés de la mairie, les élus et évidemment les citoyens de la ville. Et puis, ce n’est pas un hasard si on veut en finir avec le culte de la personnalité à Rodez, pénalisant pour l’exercice de la démocratie.

L’absence d’une tête de liste, n’est-ce pas un handicap ?

Nous aurons une tête de liste, mais pour l’heure nous sommes dans une démarche collective.

Où en êtes-vous de la composition de votre liste ?

On est à plus de trente noms. On ne s’attache pas à la couleur politique mais à l’engagement de chacun avec des idées et des valeurs.

Vous avez deux élus assumés écologistes, y a-t-il d’autres étiquettes politiques sur cette liste ?

Notre liste s’adresse uniquement à des personnes, voilà pourquoi on a rejeté tout accord avec des partis politiques, quels qu’ils soient. Après, on a des gens qui sont issus du centre gauche, d’Europe Ecologie-Les Verts, du Front de Gauche, du PRG, du PS. Mais nous sommes tous là en tant que personnes, pas comme encartés dans tel ou tel parti.

Certains d’entre vous faisaient partie de l’équipe sortante. En quoi vous différenciez-vous de cette liste ?

Bruno Bérardi et Claudine Bonhomme : On aura vécu dès le début un dialogue de sourd, confirmé à la fin par l’entrée de Baraqueville à l’Agglo sans concertation. On a assisté à une destruction et une annexion de la communauté de communes du Pays Baraquevillois.

Chantal Combelles : Moi, j’ai démissionné après deux ans pour absence de démocratie à l’intérieur de la majorité municipale.

Que mettriez-vous au crédit du maire ? L’Agglobus et encore c’est une réalisation de l’Agglo comme son nom l’indique achevée par Ludovic Mouly. Après, on peut évoquer l’accroissement sensible du nombre de logements sociaux.

Malheureusement, on doit plus parler des projets tombés à l’eau comme la rénovation du quartier Combarel. Idem pour les réseaux de chaleur. Le maire a parié sur le béton et le bitume et a négligé le social et les services publics. Finalement, la grande signature de Christian Teyssèdre est l’abandon des quartiers. On le perçoit bien en allant à la rencontre des gens, ce que lui n’a pas fait durant six ans. Au final, Christian Teyssèdre n’a pas eu une attitude de manager à l’écoute.

Il y a au moins le musée Soulages, non ?

Si on avait utilisé le dixième du budget alloué à ce musée pour la rénovation des quartiers, Rodez aurait un tout autre visage. Maintenant, ce musée va être inauguré en mai. Il peut être une opportunité si on y met les moyens. Problème : ce sont bien les moyens qui sont absents.

Le collectif citoyen n’est-il pas une démarche contre le maire sortant ?

Nous ne sommes ni contre Christian Teyssèdre, ni contre Yves Censi. Notre seul adversaire c’est l’abstention, née d’un écœurement des citoyens pour la vie publique. Notre message, c’est ‘‘prenez des initiatives, proposez ; nous vous donnerons les moyens’’. C’est la démocratie participative, nous l’avons inscrite comme l’une des trois valeurs qui animent notre groupe, elle passe avant tout par des comités de quartiers.

Les comités de quartiers existent déjà ? Certes, mais pour que les habitants s’investissent, il faut tenir de ce qu’ils proposent. Notre ambition est de les rénover en leur dédiant des budgets, en détachant des personnels pour les faire fonctionner, et en les regroupant avec des socio-professionnels, des commerçants… au sein d’un conseil de ville (l’instance qui valide les propositions, afin de conserver de la cohérence). Nous n’inventons rien : c’est une formule qui existe déjà ailleurs (Grigny par exemple).

N’est-ce pas déjà le rôle des conseillers municipaux ?

Pas forcément, car les conseillers représentent souvent des partis politiques. D’où le recours à la société civile. Nous ne sommes pas contre cette démocratie de représentation, mais il est nécessaire qu’elle soit accompagnée de démocratie participative.

Vous évoquiez trois valeurs : Quelles sont les deux autres ?

L’éthique et la solidarité des territoires. L’éthique repose sur le non-cumul des mandats, la transparence des embauches et des engagements financiers. La solidarité des territoires vise au développement de Rodez dans son environnement - l’agglomération et les territoires ruraux autour. Pour ne pas dépouiller nos voisins et à appauvrir le département, nous avons besoin d’un projet d’agglomération (il a existé par le passé). C’est dans cet esprit que nous rencontrons les candidats des communes voisines. Que vous inspirent les autres têtes de liste ?

On ne se reconnaît pas dans le côté revanchard et la critique systématique d’Yves Censi. Par ailleurs, les gens qui sont censés le soutenir au conseil municipal n’ont rien dit pendant six ans.

Et on prône des valeurs diamétralement opposées à celles de Matthieu Danen.

Au second tour, appellerez-vous à voter pour une autre liste ?

D’abord, on veut vivre pleinement le premier tour et ne pas rentrer dans la politique-fiction. Ensuite, pour mettre en œuvre notre projet, nous comptons être encore en course au second tour. A nous de convaincre les citoyens.


Le programme du Collectif citoyen

Bien que le projet né des réunions thématique évolue encore au fur et à mesure des rencontres et de l’expression citoyenne, le programme du Collectif citoyen s’organise autour de trois axes majeurs.

Économie. Rééquilibrage en faveur de la «petite économie» et du commerce de proximité.

Lien social : être à l’écoute des problèmes sociaux pour mieux répondre aux besoins.

Urbanisme. Rééquilibrer les efforts en faveur des quartiers.

Habitat : améliorer la qualité de l’habitat

Jeunesse. Sortir d’un fonctionnement qui fournit des services et de l’animation, pour installer une démarche de soutien aux projets des jeunes et aux initiatives culturelles.

Source: http://www.ladepeche.fr