C'est une bonne idée d'agrandir la cantine de l'école maternelle Girodet. Avec ses 56 couverts (deux services de 28), la cantine de cette école du centre-ville ne peut satisfaire une demande plutôt située autour de 80 couverts. Ce qui crée un casse-tête pour certaines familles.

 

Mais où placer une salle de restauration plus grande et les locaux de préparation qui vont avec ? Le projet présenté aux élus, en phase déjà trop avancée pour pouvoir en discuter, s'appuie beaucoup sur l'existant, en agrandissant l'ancienne salle de restauration en rez-de chaussée.

 

Mais la cour se retrouve alors diminuée quasiment de moitié. Ce qui complique la surveillance de la récréation : le projet supprimera plus que l’emprise au sol de l’extension en raison des zones masquées.

 

En effet, avec le projet de cantine de la mairie, la cours de récréation ferra à peine 400m2

 

Or les normes sur les cours de récréation de maternelles sont de 400 m ² pour la première classe, plus 100 m ² par classe supplémentaire, soit un besoin de 700 m ² pour l'école Girodet.

 

Aujourd’hui déjà, sans cette cantine, les élèves ne sortent que 2 classes par 2 classes, et les récréations sont décalées pour que les enfants puissent profiter d’un espace de récréation conformément aux normes.

 

Face à ce constat, des simulations ont été faites pas les parents et le corps enseignant. Une simple photo permet de mettre en avant l’évidence de la problématique.


Nous comprenons que les parents d'élèves aient votés contre ce projet au conseil d'école.

Et aient sollicité la presse dans la rep du 11 mai 2016 « Les travaux d’agrandissement du restaurant scolaire de l'école Girodet à Montargis ne font pas l’unanimité »

 

 

Lors du conseil municipal du 19 septembre, nous avons demandé à Monsieur le Maire si les travaux de la cantine Girodet seront maintenus suite à cet article et au dernier conseil d’école.

Après quelques explications Monsieur Fonteneau a précisé :

"Que les parents aient exprimés un désaccord, ça fait partie du débat du conseil d'école pour le reste, la décision c'est tout de même pas eux qui l'ont"

 

Monsieur Fonteneau a raison, c’est aux conseillers municipaux de prendre les décisions.
C’est dans cette optique que les parents d'élèves avaient invité tous les élus à venir constater par eux même les conséquences d'une cour trop petite, seuls les élus Citoyens du Montargois et FG étaient présents. Aucun élu de la majorité n'a assisté ou réalisé la moindre simulation avec les enfants, et depuis leur invitation, aucune personne de la majorité n’a répondu à leurs interrogations.

 

En conseil municipal, Monsieur Door a conclu le point en disant :

"Les parents d'élèves aujourd'hui qui contestent ne seront plus parent d'élève quand elle (la cantine Girodet) sera finie, en partie les nouveaux seront heureux parce que ca bouge, ca change, la vie elle change elle bouge"

 

Cette phrase en dit long sur les demandes de petits travaux faites depuis de nombreuses années. Les parents ont beau changer, les problématiques, elles, restent :

-La pose d'un interphone à l'entrée de l'école, puisque celle-ci est actuellement ouverte le soir lors des heures de garderie.
-Le passage piéton à mettre en place à l'angle de la rue Perrier devant le bar le Brazza.
-L’Installation de portemanteaux  dans le hall entre les deux premières classes
-L’Installation de toilettes et lave-mains à proximité de ces deux classes
-L’Installation d’une bâche sur le bac à sable.

-et bientôt un espace de récréation plus grand ainsi qu’un préau

 

 

Le projet actuel, estimé à plus de 500 000€, pour 24 places de cantines laisse perplexe.
Si ce projet voit le jour, il faudra vraisemblablement rapidement créer un espace de récréation à l’extérieur de l’école, mais aussi un préau … Combien cela coutera-t-il ?

 

Nous, élus de la liste citoyenne, nous regrettons de ne pas avoir été conviés à la réflexion, car nous aurions pu proposer une solution alternative.

 

En effet, l'utilisation d'un terrain extérieur, a proximité également de l'école Gambetta, qui n'a pas de cantine (les enfants vont à l'école Pasteur à pied), pourrait résoudre le problème de cantine des deux écoles à la fois pour un budget inférieur aux 500 000 € prévus actuellement, tout en évitant de réduire l’espace de récréation, et permettrait de réaliser les travaux pendant les horaires de cours.
L’étude d’un projet alternatif serait bien moins cher, même si la mairie a déjà dépensé 40 000€ de frais d’architecte sur le projet actuel. Le seul véritable problème à un tel projet, c’est que probablement l’idée émane de l’opposition …

Lors de l'après-midi du 23 avril, Claire Leconte a pu rencontrer des élus et représentants

de quelques communes de l'AME et du Pays gâtinais. Voici des propositions à « coût (presque) zéro » pour mieux respecter les rythmes de l'enfant, accessibles à nos collectivités :

 

1) Allonger la matinée de classe à 3h30 au lieu de 3h :

La matinée n'est pas équivalente à l'après-midi en terme d'attention des enfants. Une matinée plus longue permet de proposer des activités plus longues et d'éviter le « zapping ». L'après-midi se trouve ainsi allégée. Attention à ne pas placer l'éducation sportive uniquement l'après-midi, les activités sportives peuvent avoir leur place en matinée.

Le décret Hamon permettrait un tel aménagement.

 

2) Faire particulièrement attention à la pause méridienne :

C'est le moment où les enfants ont besoin de se poser et non de se « défouler », ce qui crée une excitation supplémentaire.

- Pour les maternelles : organiser le coucher tout de suite après le repas, et non après un temps de récréation dans la cour, favorise l'endormissement ;

- Pour les primaires : organiser le préau avec des coins jeux/ BD / « papote » (avec des rideaux/claustra/bancs…) pour que les enfants qui le souhaitent puissent se « poser ».

Mme Leconte est hostile au « soutien » pendant cette pause méridienne.

Le niveau sonore dans le réfectoire peut également faire l'objet d'une attention particulière (ce dernier peut atteindre 85 dB, soit le passage d'une locomotive!!!).

 

3) Privilégier l'accueil directement en classe le matin :

L'expérience montre que les enfants apprécient l'accueil personnel dans la classe, et la transition «en douceur » vers le temps de classe. Les enfants sont donc disponibles plus vite pour les apprentissages.

 

4) Choisir le samedi matin au lieu du mercredi

Cela permet aux enfants d'avoir une coupure en milieu de semaine. Cela facilite surtout les rencontres formelles et informelles entre enseignants et parents, notamment ceux qui n'ont pas le temps le reste de la semaine. Les écoles peuvent mettre en place des ateliers auxquels participent des parents.

 

Lors de l'échange avec le public et les élus, Claire Leconte a insisté sur la qualité de vie professionnelle des enseignants et des animateurs. Ceux-ci notamment devraient avoir de vrais emplois, permettant une réelle qualification.

En conclusion de ses rencontres avec les élus et les participants à la conférence, Claire Leconte a proposé ses services pour mener des visites de terrain.

 

Compte-rendu de la conférence sur les rythmes des enfants, organisée par ECM et l'AMA

 

 

C'est peu de dire que Claire Leconte est amère vis-à-vis du décret Peillon concernant la réforme des « rythmes scolaires ». Cette chercheuse en chronobiologie1 et enseignante en psychologie de l'éducation, milite depuis longtemps pour une remise à plat des temps scolaires, en lien avec les connaissances acquises ces dernières décennies sur les rythmes de l'enfant. Pour elle, le décret Peillon est passé à côté de l'essentiel : imposant une matinée supplémentaire, sans remettre à plat le modèle de journée en 2x3h qui date de 1834 !

Sans compter qu'il laisse les collectivités en charge de ces fameux « Temps d'Activités Périscolaires », qui deviennent dépendant des moyens de communes et de la bonne volonté de leurs élus...

 

Nous l'avions donc invitée avec la question : « et maintenant, que faire ? »

 

Pour nous répondre, Claire Leconte, nous a tout d'abord immergés dans la chronobiologie et les mécanismes des rythmes circadiens, c'est-à-dire les mécanismes physiologiques qui rythment notre journée et notre nuit. Pour faire bref, on sait maintenant depuis plus de cinquante ans que des événements périodiques (se répétant à intervalles de temps régulier) existent chez la plupart des êtres vivants et sont génétiquement programmés. Selon les individus, nous avons une « journée » qui dure 23 à 25 h, nous sommes plus ou moins gros dormeur…Mais nous avons chacun une journée rythmée par notre température corporelle, notre sécrétion de cortisol (hormone du stress, favorisant la vigilance) ou de mélatonine (hormone provoquant l’endormissement). Chacune de ces trois « horloges » doit rester synchronisée avec notre horloge centrale, située dans le cerveau au-dessus du croisement des nerfs optiques ; cette horloge centrale dépend donc des signaux lumineux que nous captons.

 

Quel lien entre ces connaissances et la journée d'école des enfants ? Les enfants, comme les adultes, sont soumis aux rythmes circadiens : ils ont une vigilance plus grande le matin, connaissent le creux méridien (le « coup de pompe » du milieu de journée, dû à une chute de la température corporelle et du cortisol dans l'organisme) et ont besoin d'une nuit de sommeil suffisante...Pour Claire Leconte, la prise en compte des rythmes de l'enfant permet de rendre plus efficaces les temps d'apprentissage et diminue la fatigue des enfants. Un gain pour les enfants, mais aussi pour les enseignants !

 

Tous les éducateurs ont besoin de ces étayages scientifiques pour permettre aux enfants et aux adolescents de reconnaître leur propre état physiologique, d'adapter leur comportement à leurs besoins. C'est le cas du rythme cardiaque, sensible à l'environnement, dont le bruit à la cantine... Avec la puberté, le moment d'éveil des adolescents est décalé plus tard, des perturbations d'humeur régulières peuvent survenir chez des adolescentes...et la puberté est de plus en plus précoce! On peut également noter que 5% des dépressions des adolescents sont dues à des dépressions saisonnières.

 

 

Revenons à nos temps scolaires, péri-scolaires...Dans le cadre de ses recherches et de la formation des enseignants, Mme Leconte a accompagné plusieurs projets pédagogiques innovants, certains depuis près de vingt ans. Elle s'appuie sur ces expériences et sur ses recherches pour partager quelques recommandations avec la communauté éducative (parents et élus compris!).

 

 

Des recommandations générales :

 

1) Les activités périscolaires ne doivent pas être conçues comme de l'occupationnel, des temps « bouche-trous ». Mme Leconte parle plus volontiers de « parcours éducatif » que de « T.A.P. ». Ainsi, l'équipe éducative et le conseil d'école doivent être impliqués dans la mise en place et la valorisation des activités proposées dans l'école par la commune. Les activités péri-scolaires doivent compléter la journée d'école, en valorisant les acquis scolaires lors des activités, et les acquis « péri-scolaires » dans le cadre de l'école. Exemples : valoriser les acquis mathématiques lors d'une activité astronomie/cuisine, faire un rendu de l'activité sous forme de spectacle ou d'exposition pour les camarades d'école et les parents...

Ceci est le plus difficile à mettre en place : former les animateurs à leur rôle d' « éducateur », demander du temps de concertation entre animateurs et enseignants sur le temps de formation des enseignants, dialogue entre élus, parents et équipes enseignantes. C'est le but d'un projet éducatif !!!

 

2) Attention à ne pas « émietter » les activités de l'enfant : activités courtes, passage du temps scolaires avec la maîtresse, au périscolaire pendant 45 minutes avec un intervenant, puis garderie ou autre activité extra-scolaires...L'important est la cohérence des différents temps (par le contenu, le lieu, les intervenants). La proposition de T.A.P. sur 1h30 deux fois par semaine semble de ce point de vue plus satisfaisante que 4 fois 45 minutes.

 

3) Attention au besoin de sommeil des enfants :

Le sommeil (et en particulier les phases de sommeil profond du début de nuit) est nécessaire à la croissance, au système immunitaire, à la mémoire. Le temps de sommeil nécessaire à l'enfant fait partie de son rythme circadien, c'est un facteur essentiel à la qualité des apprentissages ! Il est important de sensibiliser les parents (et les enfants) au repérage des signes de fatigue du soir (baisse de la température corporelle, etc.) et de favoriser la baisse des activités à ce moment là. Attention, les écrans (TV, portable, ordinateur…) retardent l'endormissement et perturbent ainsi notre «horloge centrale » : les écrans sont à éteindre 1h avant l'endormissement ! De même, il faut éviter les activités sportives en soirée, ce qui a pourtant tendance à se développer avec « perte » du mercredi matin.

Mme Leconte attire l'attention des parents sur l'effet néfaste du décalage d'heure de coucher pendant les vacances, provoquant plus de dégâts que le passage à l'heure d'été quant à l'attention des enfants lors du retour en classe !

 

1 Discipline scientifique s'intéressant aux événements répétés chez les êtres vivants, aux mécanismes biologiques qui les contrôlent ou les perturbent.

 

Des propositions à « coût (presque) zéro » pour mieux respecter les rythmes de l'enfant : cf. article suivant.

 

 

 

Le 23 avril 2015, E.C.M. co-organise une  réunion publique en présence de Claire LECONTE, chronobiologiste de renom à l'amphithéâtre du lycée Durzy 20 h.

 

Qui est Claire LECONTE ?

Professeur de Psychologie de l'éducation de l'université de Lille, 

chercheuse en chronobiologie spécialiste des rythmes de l'enfant et de l'adolescent,

Claire Leconte étudie depuis les années 80 les rythmes d'activités attentionnelles et de la mémoire.

 

Un volet recherche...

Elle a analysé  le rythme veille/ sommeil et mis en évidence les facteurs "perturbateurs" dont l'intervention explique les effets sur la "performance" à accomplir des tâches et la dépense énergétique occasionnée par la réalisation de la tâche 

 

Et une expertise dans le domaine des projets éducatifs...

  Depuis 30 ans Claire Leconte participe  activement à  la construction de projets éducatifs innovants.

        Réformer les " rythmes scolaires" ( terme inadapté selon elle) ne peut  s'appuyer sur une seule recommandation à savoir "alléger  la journée des enfants,  tant on sait qu'on peut fatiguer davantage un enfant  de 5 heures mal gérées  qu'en 6 heures parfaitement bien organisées".

   Le constat expérimental de Claire Leconte  est qu'un enfant occupé à un travail vivant qui répond  à ses besoins ne se fatigue pas et il peut s'y appliquer pendant 2 ou 3 heures.

  Elle aura ainsi suivi pas moins de 1200 enfants pendant 3 ans dans des sites expérimentaux permettant de repartir les 26 heures hebdomadaires obligatoires pour les enfants sur au moins 5 JOURS.

  Selon ce projet , l'école doit devenir régulatrice  du rythme veille / sommeil ; elle  doit  permettre une ouverture culturelle( musique EPS  arts plastiques, etc.. ). Les matinées (4 h )  sont ponctuées de 2 pauses de 15 min, tandis que 3 après midi sont totalement dédiées aux parcours éducatifs

 Ce projet expérimental s'est avéré  riche de résultats positifs pour les enfants mais aussi pour toute  la communauté éducative.

 

Les travaux de recherche de Claire Leconte l'ont amené à endosser des responsabilités multiples et variées. Les nommer toutes serait trop long ! Former des milliers d'enseignants en France et à l'étranger, participer à l'analyse de programmes éducatifs de remédiation dans les pathologies lourdes,  travailler sur les dysfonctionnements constatés sur les enfants porteurs d'autisme...autant de missions qui font la richesse de son expérience.

 À travers toutes ses recherches, elle met en évidence la nécessité  de tenir compte de la connaissance des rythmes biologiques, psychologiques, des besoins sociaux, pour mieux gérer l'emploi du temps de vie.

           SE CONNAÎTRE  POUR MIEUX SE GÉRER, développer la capacité d'auto-évaluation pour mieux développer  sa confiance en soi et son estime de soi.

            Soit le travail de toute une vie!!!!!!!!

 

 

 

 

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Vous avez entendu
«rythmes scolaires»


... que faire aujourd’hui ?

 


Quels sont les fondamentaux concernant
les besoins de l’enfant, son développement ?
Comment améliorer les temps d’apprentissage ?
Quelles expériences réussies?

 


L'’ECM et l’AMA Vous invitent à une conférence-débat


Jeudi 23 avril 2015 à 20h
à l’amphithéâtre du lycée Durzy
23, rue Léonard de Vinci à Villemandeur


Conférence de Claire Leconte,
Chronobiologiste, professeur d'Université,
suivie d'un débat public.


Intervention du Gerpam
(Groupe d’Etude et de réflexion
des parents de l'agglomération montargoise)