Vendredi 14 novembre, M. Lack, directeur de l'agence Lyonnaise des eaux à Montargis, recevait les élus de l'agglomération et la presse pour présenter un nouvel outil pour réduire les fuites sur le réseau d'eau potable : la sectorisation.

Rappelons tout d'abord que le rendement du réseau de distribution d'eau potable est de 76 % pour l'année 2013. Ce rendement représente le rapport entre l'eau réellement consommée (eau facturée + eau consommée par la Lyonnaise+ bouches d'incendies, etc.) et l'eau produite (celle qui est pompée et traitée puis envoyée dans le réseau). Autrement dit, près de 25 % de l'eau produite est perdue dans des fuites le long du réseau de distribution. Fuites visibles (écoulement sur la chaussée ou chez un particulier) donc faciles à repérer et à réparer mais aussi fuites invisibles. Et jusqu'à présent, il était impossible de savoir où avaient lieu ces fuites invisibles sur les 400km de ce réseau d'eau !

 

La présentation démarre par la question que j'avais en tête depuis l'annonce de ce point presse : « pourquoi se préoccupe-t-on de réduire les fuites seulement maintenant ? »

Sont évoquées la prise de conscience récente de la préservation des ressources en eau propre et les avancées législatives récentes également (Grenelle en 2008). Les exigences légales étaient d'ailleurs peu incitatives, puisque le décret du 27 janvier 2012 demandait pour un réseau comme celui de Montargis un rendement compris entre 69 et 85 % !

La menace de l'Agence de l'eau de ne pas attribuer de subvention pour des réseaux ayant des rendements inférieurs à 85 % a sûrement du faire bouger les lignes.

Il faut également signaler le fait que la distribution de l'eau potable a été mise en commun pour 5 communes de l'AME1 seulement en décembre 2013, ce qui devrait simplifier la gestion de l'ensemble du réseau. Et la fusion des contrats de ces cinq communes a permis de faire inscrire dans le nouveau contrat avec la Lyonnaise des objectifs de rendements de 80 % en 2014 et 85 % en 2015.

 

Mais revenons à la sectorisation : de quoi s'agit-il ? Le principe semble très simple. Il s'agit de diviser le réseau de distribution en plusieurs petits secteurs (20 à 40 km de canalisations) et d'implanter stratégiquement des débitmètres afin de mesurer les débits entrant sur ces secteurs. La comparaison avec des valeurs de référence permettra de détecter les fuites. En effet, un dépassement important et durable de la valeur de référence sera signe d'une fuite. Et cette dernière sera plus facile à localiser sur un secteur réduit.

Après des études préliminaires en 2011-2012, la Lyonnaise des eaux est en cours d'implantation de 49 débitmètres sur le réseau découpé en 18 secteurs. Le coût pour la Lyonnaise de cette installation est de 400 k€.

Il faudra maintenant au moins une année de collecte de valeurs de débits afin d'affiner les valeurs de référence et optimiser la détection des fuites.

 

La réduction de ces volumes d'eau perdus devra permettre un bénéfice économique et environnemental. A suivre sur nos factures, maintenant…

 

Lise GABRIELLE,

élue au conseil d'Agglomération

 

(1) : Montargis, Amilly, Chalette, Villemandeur et Pannes. Auparavant chaque commune était responsable de la distribution de son eau potable, seule la production était mutualisée. L'outil de sectorisation présenté ne concerne que ces cinq communes.